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Communiqué M-2004-03
La tournée du PDG : propagande et vidéo sexiste!
Le 3 juin 2004

Voilà à quoi se résume la tournée du président pour la présentation du, soi-disant, plan stratégique de la SAQ. Nous convenons que ceci n'est absolument pas surprenant et que la majorité d'entre vous savaient déjà que le contenu de la présentation de Louis Roquet et de ses vice-présidents ne serait que supercherie. Malgré tout, il est toujours étonnant de constater à quel point les dirigeants de la SAQ considèrent les employés comme de parfaits imbéciles. En effet, tenter de nous faire croire qu'il est possible d'augmenter le bénéfice net de 355 millions de dollars, tout en diminuant le coût des opérations et en maintenant stable le prix de la bouteille et la consommation, avec en prime, plus de service à la clientèle, sans diminution du nombre d'heures de travail en succursale, relève davantage de la fabulation que d'une véritable planification.

À l'écoute, on constate rapidement que l'employeur n'a aucune considération pour les membres du SEMB SAQ et les employés de la SAQ, mais a plutôt comme seule préoccupation de vous convaincre de la justesse de ses demandes à la table de négociation et de son objectif de performance. On vous promet de maintenir les heures de travail il en a été de même lorsque l'employeur a décidé de ne plus faire d'étiquetage ! Rappelez-vous ! À cette époque, l'employeur nous promettait de maintenir les heures de travail. La réalité, c'est plutôt que les directeurs se sont empressés de couper des heures pour maintenir leur « Saint RATIO » et obtenir leur « BONUS ». Comme par hasard, encore une fois, on nous promet que nous ne subirons aucune coupure d'heures mais le bonus est maintenu ! M. Alain Brunet a lui-même admis, lors de la seconde rencontre de Rivière-du-Loup, que le travail de réception de marchandises était un travail inutile pour les employés de succursale et que nous n'aurions possiblement plus à faire ce travail. Qui fera ce travail ? Vous maintiendrez les heures de travail comme pour l'étiquetage en succursales et celui des agences ??? Balivernes !

Louis Roquet veut nous faire payer !

Tous et chacun d'entre nous, nous paierons pour ce repositionnement de la SAQ, fortement inspiré du modèle de Toyota et mis en place par une firme de consultants. Nous ne parlerons bientôt plus que de performance, de courage, de responsabilité, d'assignations temporaires, d'escompte en succursale (désolé déjà charcuté ), du programme d'aide (lui aussi, déjà charcuté ), du service de l'imprimerie (déjà démantelé), de l'usine d'embouteillage (déjà à vendre), du travail inutile en succursale, de projet-pilote bidon. Et finalement, sous menace de devoir se faire « hara-kiri », nous devrons travailler gratuitement pour permettre à Louis Roquet de toucher son maigre salaire et d'indiquer à son chauffeur où aller ! À quand la petite chanson de motivation à la Wal-Mart ?

Un message sexiste et méprisant !

Comment peut-on qualifier autrement la vidéo présentant les quatre types de clients. Les trois premiers clients présentent des caractéristiques de réussite sociale, de connaissance, d'intelligence, de raffinement, etc , ce sont des hommes. Mais c'est une femme qui joue le rôle du client un peu simplet, qui ne connaît rien et qui demande que les vins soient placés par « vin de party de filles » ou « vin de noces ».

Doit-on comprendre que la SAQ considère que les seuls sujets qui intéressent les femmes sont les « party » ou les mariages? C'est un message rétrograde, teinté de préjugés sexistes et vexatoire pour les femmes, qui est véhiculé dans la vidéo corporative. Nous ne pouvons accepter que la haute direction de la SAQ se permette d'endosser pareil message. Nous, nous le dénonçons !

Louis Roquet mesure-t-il la portée de ses gestes ?

La question mérite d'être posée ! Comment faire autrement alors qu'au cours de la dernière année, le Président a posé nombre de gestes et fait plusieurs déclarations qui nous laissent perplexes quant à ses réelles intentions.

Par manque de jugement, ignorance des règles de l'art en matière de négociation ou tout simplement volonté de la part du Président d'imposer ses demandes à la table de négociation, quitte à créer un conflit , il s'est placé lui-même dans la position de ne pouvoir négocier de bonne foi alors qu'il affirmait , il y a plus d'un an, que l'article 8 devait être remplacé.

En effet, dans l'Ardoise du 10 juin 2003 (No 26) le Président faisait une charge en règle contre l'article 8 :

  • «l'un des grands enjeux de l'année en succursale reste, bien sûr, les négociations pour une nouvelle convention collective et le remplacement de l'article 8, « un outil développé pour gérer la décroissance, inadapté à la période de développement que nous connaissons ».
  • Tout d'abord, Monsieur le Président, permettez-moi de vous faire une petite leçon d'histoire. En effet, contrairement à ce vous affirmiez le 10 juin 2003, l'article 8, tel que nous le connaissons actuellement, est à la base même du virage commercial souhaité par la direction de la SAQ sous la présidence de M. Jocelyn Tremblay. C'est ce même article qui vous a permis de passer d'un peu plus de 1,3 milliards de chiffre d'affaires en 1996, à près de 2,5 milliards aujourd'hui ! C'est également grâce aux concessions faites par tous les employés membres du SEMB SAQ, tant sur le plan du surtemps de fin de semaine que sur celui des horaires de fin de semaine, que ce virage commercial s'est avéré un succès sur tous les points. Contrairement à ce vous prétendez, ce n'est pas la décroissance que cet article était appelé à gérer, mais bel et bien la CROISSANCE que nous avons connue depuis 1997 !

    Le fait qu'aujourd'hui vous ayez de la flexibilité dans les assignations et dans la composition des horaires pour les fins de semaine a eu directement une conséquence positive sur le virage commercial. L'auriez-vous oublié? Paradoxalement, aujourd'hui vous semblez attribuer tous les maux au même système qui vous a permis de devenir l'une des meilleures entreprises commerciales du Québec.

    Vous prétendez que le système est complexe à gérer! Si vos directeurs passaient moins de temps à chercher à contourner les règles prévues à la convention collective pour plutôt les appliquer comme il se doit, peut-être la trouveriez-vous moins lourde à gérer notre convention collective !

    Ce système que vous décriez, Monsieur le Président, est aussi le résultat d'un constat des deux parties en 1997 : la gestion par succursale des temps partiel était inéquitable. Nous refusons de revenir en arrière et de revivre les iniquités du passé, simplement parce qu'il est trop difficile pour vos pauvres gestionnaires de gérer par division. Au salaire qu'ils reçoivent, qu'ils apprennent ! Ils sont payés pour !

    L'employeur est présentement incapable de convaincre, à force d'arguments, du bien fondé de ses demandes de négociation; il doit donc tenter de vous en mettre plein la vue. Ne soyez pas dupes !

    Nous avons pourtant soumis aux représentants de l'employeur des solutions alternatives aux problématiques qu'ils nous ont dénoncées mais quelqu'un n'en démord pas au Pied-du-courant !

    Le président de la SAQ veut-il un conflit de travail ?

    Malgré le fait que nos directeurs ne cessent de nous rabattre les oreilles avec les coupures et les rationalisations, il semble que le PDG, lui, n'ait pas de contraintes financières pour promouvoir sa campagne de propagande, comme en témoignent le son et l'éclairage, dignes d'un spectacle rock, l'accompagnant dans tous ses déplacements.

    En terminant, je tiens à vous rappeler que nous continuons de veiller au grain et qu'en aucun temps nous ne laisserons un illuminé venir détruire le travail accompli par les milliers de membres du SEMB SAQ qui sont, depuis toujours, au service de toute la clientèle !

    Unis pour l'avenir et fiers de l'être !
    Syndicalement,
    Martin Charron
    Président
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